Retour en Birmanie, sur les rives de l’Irrawady. Comme je l’ai écrit précédemment, notre mini croisière fluviale nous a offerts quelques belles escales dont une à Yandabo réputé pour la fabrication de poteries. Poursuivant ma série consacrée à l’artisanat birman, c’est une ballade dans ce village que je vous propose aujourd’hui. Situé à quelques mètres à peine des berges qui fournissent l’argile nécessaire à la fabrication des poteries, il compte quelques 350 maisons. Une trentaine de familles exercent le métier de potier tandis que les autres sont pêcheurs, fermiers ou pratiquent des activités liées à la fabrication des pots.
La visite de cet atelier village nous projette une fois de plus dans une époque révolue de longue date pour nous autres occidentaux. La totalité de la surface du village est dédiée à la fabrication de jarres en terre qui serviront à stocker de l’eau et de la nourriture. Dans bon nombre de régions du pays, elles remplacent les frigos et permettent la conservation de nombreuses denrées.
Les femmes jouent un rôle très actif dans la fabrication des poteries. Ce sont elles qui façonnent la terre sur un tour actionné à la jambe par une autre d’entre elles. Les mouvements de celle qui fait office de moteur sont lestes, sans effort. Elle bavarde, plaisante avec la potière ou enguirlande son gamin qui taquine un cochon quelques mètres plus loin. Tout à coup, avec un grand sourire, elle invite un touriste à prendre sa place pour actionner le tour. L’homme se prête volontiers au jeu sans se douter qu’il provoquera l’hilarité des villageois. C’est que face à l’aisance des Birmanes et à l’apparente facilité du geste, on n’imagine pas à quel point l’exercice est physique et technique. Il nécessite, force, souplesse et régularité, faute de quoi la potière ne parviendra pas à tirer autre chose qu’un malheureux boudin biscornu de son bloc d’argile. Ces ouvrières sont redoutablement efficaces puisqu’elles peuvent fabriquer entre 30 et 50 pots par jour.
Après avoir séché au soleil, les pots sont réunis en un vaste tas recouvert d’un énorme monticule de paille et de bois auquel on mettra le feu. Ils cuiront pendant trois à quatre jours. De gris brun, ils passeront au rouge après la cuisson.
Nous avons visité ce village au début de la saison sèche. Tout l’espace était alors encombré de poteries de toutes sortes , de bois de feu et de volumineux tas de paille mais lors de la saison des pluies, l’eau du fleuve monte de plusieurs mètres faisant de Yandabo une agglomération sur pilotis. Difficile d’imaginer la physionomie des lieux lorsque les habitants sont contraints de rejoindre leurs habitations en pirogue…
Nous voila au terme de notre visite. La promenade et la vue de tous ces récipients vous ont peut-être donné soif…. Pas de problème, Yandabo compte aussi une taverne. Installez-vous confortablement, c’est ma tournée, je vous offre un pot!







Laisser un commentaire