Après une petite incursion dans le nord (il y en aura encore quelques unes du reste), retour sous des latitudes un peu plus clémentes. Il y a un mois, j’inaugurais une série consacrée à l’artisanat birman avec la fabrication des laques. Aujourd’hui, c’est le travail de l’argent que j’ai envie de vous montrer en quelques images. Le Myanmar a des ressources minérales considérables non seulement de pierres précieuses et semi-précieuses mais aussi de métal dont l’argent. Si du 15ème au 20ème siècle, la mine d’argent et de plomb de Bawdwin dans l’État de Shan a produit d’énormes quantités d’argent, à l’heure actuelle toutefois l’extraction de ce métal décline. Les infrastructures industrielles demeurent très limitées et le travail des artisans se perd. Quelques ateliers perpétuent néanmoins les techniques ancestrales du travail de ce minerai et permettent de voir ces forgerons de l’argent à l’oeuvre C’est dans le village d’ Ywataung, à une vingtaine de kilomètres au sud ouest de Mandalay, réputé pour ses orfèvres, que nous avons pu admirer la minutie de ces artisans. Paniers tressés, boîtes martelées, théières, bijoux etc., en Birmanie, l’argent est extrêmement travaillé et ciselé.
La rétreinte consiste pour l’orfèvre à mettre en forme une feuille de métal en la martelant sur une bigorne (enclume) à l’aide de marteaux et de maillets. Le recuit : plusieurs fois au cours de la rétreinte il faut chauffer le métal à haute température pour lui redonner sa malléabilité. L’argent est le métal le plus extensible et le plus malléable de tous après l’or. La ciselure : on repousse le métal suivant le motif du décor, à l’aide d’un marteau et de ciselets de formes diverses. Un atelier et des conditions de travail rudimentaires qui permettent néanmoins de produire des objets d’une grande finesse.Les bols du genre celui celui figurant sur ma 3ème photo, mais en beaucoup plus grands, ont parfois un usage surprenant pour nous autres occidentaux. Chemin faisant, nous avons vu à plusieurs reprises des moines postés au bord de la route agiter ces récipients et faire ainsi un tintamarre pas possible au passage de chaque véhicule. Le bruit est dû aux pièces de monnaie récoltées par les religieux qui font simplement la quête pour financer la construction d’un nouveau monastère à proximité (et il y en a énormément en Birmanie).
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