Entre chien et loup, j’avance prudemment sur la passerelle de bois humide et terriblement glissante qui relie les cabanons sur pilotis au village sur la berge. En dessous, l’eau miroir me donne l’impression de marcher dans le ciel.
Au loin l’obscurité se dissipe, révélant peu à peu entre les nappes de brumes, le profil des montagnes, écrin verdoyant de ce bijou liquide.
Je remonte frileusement le col de ma veste. Le froid me pique le visage et engourdi mes mains. En quittant ma chambre tôt ce matin pour faire des photos, j’avais oublié qu’à près de 900 mètres d’altitude, l’aurore est plutôt frisquette. Pour l’heure tout est calme mais bientôt le jacassement des oiseaux saluant l’arrivée du soleil viendra rompre cette sérénité, puis ce sera le crachotement saccadé des moteurs des pirogues qui rythmera sans discontinuer la journée sur l’eau.
Nous sommes arrivés la veille au soir dans la région. Après avoir payé le droit d’accès au lac (environ 3$/pers), notre chauffeur nous a débarqués avec nos valises au bord d’un chenal. C’est en pirogue que nous avons poursuivi notre trajet, juste à l’heure où la lumière embrase le lac et le teinte de reflets d’or. D’emblée, je suis tombée sous le charme de cette vaste étendue d’eau enserrée par une chaîne montagneuse, sur laquelle l’animation est permanente. L’arrivée à notre hôtel, au son des percussions traditionnelles, a marqué la fin d’une traversée magique et le début de l’une des étapes les plus attendues de nos vacances.
Le lac Inle, situé dans les montagne de l’Etat Shan, dans l’est de la Birmanie, est le second plus grand lac du pays. C’est une destination touristique majeure. A l’époque, les Britanniques avaient déjà construit des petites maisons en bois sur ses rives pour échapper à la chaleur écrasante de Yangon durant la saison sèche. L’endroit est superbe et le climat agréable. Une centaine de milliers d’habitants, les Inthas (« fils du lac »), y vivent dans de nombreux villages dont une vingtaine directement sur le lac, sur pilotis. Sur l’eau, on découvre tous les aspects de la vie sociale et professionnelle. Pêcheurs, maraîchers, artisans, les Inthas composent une minorité ethnique très particulière que je me réjouis de vous présenter dans de prochains billets.
Une fois n’est pas coutume, je joins une image carte postale prise à notre hôtel. Qui résisterait au romantisme d’un tel endroit?






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