Mi-janvier, coulent les jours toujours aussi courts. A l’obscurité qui enveloppe notre quotidien près de 14 heures durant s’est ajoutée celle de l’actualite particulièrement sombre cette année, lourde chappe qui plombe durablement notre moral. L’oeuvre au noir version 2015…
Les fêtes ne sont plus qu’un lointain souvenir. Le grand extincteur sévit. Villes et villages, qui en décembre dégoulinaient de lumière, s’éteignent peu à peu. Cette semaine, c’est l’immense sapin scintillant sur la place devant mon bureau qui a fini en copeaux, broyé dans un immense container. Désormais, privée de mon phare après mon labeur quotidien, mon chemin plonge dans l’obscurité.
Et la photo dans tout ça? Photographier, c’est écrire avec la lumière dit-on, alors comment déclencher lorsqu’elle fait cruellement défaut et que malgré tout l’envie de taquiner son capteur nous chatouille irrésistiblement?
Lundi dernier, entre 17 et 18h., interpellée par un coucher de soleil rougeoyant à mon retour du boulot, j’ai pris le taureau par les cornes, ou plutôt mon Lumix par la bandoulière, enfilé mes bottes à la hâte et suis allée me balader. Alors que le jour n’était déjà plus que l’ombre de lui-même, j’ai joué à capturer les derniers éclats de cette lumière hivernale, avare certes, mais qui sait si bien sublimer le ciel. Et plutôt que de figer la campagne dans sa léthargie naissante, j’ai choisi de lui donner vie.
Point de trépied encombrant, juste mon petit hybride, son objectif réglé sur une grand ouverture et par la magie du mouvement, j’ai vu le paysage se diluer, se liquéfier dans les ultimes lueurs du jour, les herbes s’embrasser jusqu’à devenir folles…
Puis grimpant sur la colline, j’ai une fois encore balayé d’un geste large la plaine pratiquement plongée dans le noir pour en extraire une dernière vision. L’image que m’a révélé mon écran de contrôle m’a prouvé qu’un seul rayon de lumière suffisait pour déboucher une photo et la sauver de l’obscurité.
J’imagine que vous me voyez venir…
Alors en ces temps perturbés, j’ose une simple question: l’humanité saura-t-elle trouver la lumière nécessaire pour lutter contre l’obscurantisme?





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