
L’an dernier, je vous avais parlé du festival des lumières de Morat et de mon enthousiasme pour cette manifestation qui rend le si sombre mois de janvier hautement désirable. Le succès de cette première édition a heureusement incité les organisateurs à renouveler l’expérience et c’est avec une impatience presque enfantine que j’ai attendu le début des festivités le 11 janvier dernier.
Habillez-vous chaudement, je vous emmène dans les rues de la vieille cité parée de ses somptueux habits de lumière.
Malgré le froid, la bise et la neige qui cette année ont joué les trouble-fête, je n’aurais pour rien au monde manqué l’évènement. Bien emmitouflée dans plusieurs couches, j’ai parcouru les arteplages (sites de projections sur les monuments et d’installations lumineuses) éparpillées dans toute la ville. Cette année, leur nombre a sensiblement augmenté puisqu’elles sont passées de 23 à 36. Le but de ce billet n’est pas de vous montrer l’ensemble des installations. Toutes n’ont du reste pas retenu mon attention mais certaines m’ont intriguée et occupée un bon moment photographiquement parlant.
Le cas « Lumi-Mer-Tranquille II »
Ce fut tout particulièrement le cas de l’oeuvre de l’artiste multimédia Peter Zwirner, installée sur la place des Romands près de l’église française. Suspendus aux arbres de l’esplanade, des tubes multicolores s’illuminaient, accompagnés de douces tonalités en musique de fond. Visuellement l’effet était sympa mais je suis restée perplexe sur la manière de photographier l’ensemble. J’ai tenté un premier cadrage en contre-plongée (-2-). L’image s’est avérée purement descriptive sans véritable intérêt. Il fallait que je me montre plus créative pour tirer quelque chose de plus intéressant de ces tiges colorées et lumineuses.

J’ai essayé une sorte de filé vertical (-3-) qui ne m’a pas davantage convaincue. Ma photo ressemblait à un code barre, certes coloré, mais terriblement rigide. Un peu à contre coeur, je me suis alors résolue à sortir mon trépied de mon sac. Il faisait froid et j’étais obligée d’enlever mes gants pour le manipuler. Décidément, je n’aime pas ce truc mais bref, une fois mon appareil bien calé, j’ai testé différentes prises en usant de vitesses lentes. Zéphyr a dû avoir pitié de moi et m’a donné un petit coup de pouce bienvenu en agitant les tubulures. D’abord imperceptiblement (-4-), puis progressivement, il a donné du souffle et mes images ont commencé à prendre vie. Même si les premières ressemblaient encore trop à de la barbouille (-5-) et manquaient de structure (-6-), je sentais que j’étais sur la bonne voie.
C’est alors qu’un bon coup de tabac a soulevé vigoureusement les tiges. Mes réflexes n’étaient pas encore tout à fait congelés puisque j’ai juste eu le temps de déclencher. Danse de la joie! Cette fois, l’image abstraite imprimée sur mon capteur m’a plu instantanément. Les tiges ondulent harmonieusement dans le cadre, sur différents plans. Bien malin qui saurait dire qu’il s’agit de tiges rigides. On imagine plutôt des voiles ou alors des vagues d’une » lumi-mer » pas si tranquille que cela tout compte fait!
Je suis retournée sur les lieux une semaine plus tard. Dans l’intervalle hélas, les visiteurs avaient tordus les tubes qui ressemblaient désormais à de drôles de tires-bouchons suspendus aux arbres (-11-). Impossible dans ces conditions de tenter d’autres prises cohérentes avec les précédentes!
D’autres images
Pour terminer la balade, je vous livre ci-dessous quelques autres images réalisées à cette occasion. Elles ne furent pas très nombreuses car les conditions étaient assez difficiles. La météo polaire qui a régné chez nous à la mi-janvier en a du reste démotivé plus d’un et la manifestation a accusé une baisse d’affluence de 10’000 visiteurs par rapport à l’année précédente. Espérons que ce résultat mitigé ne remette pas en cause la tenue d’une 3ème édition en 2018…

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