Chaque soir, depuis plus de deux ans déjà, il attend impatiemment mon retour. La porte à peine ouverte, il est là qui s’agite frénétiquement, sautille sur place et se dirige haletant vers la sortie en surveillant attentivement le moindre de mes gestes. Alors que bien souvent (surtout en hiver), je préférerais me vautrer dans mon canapé après une journée de boulot, je sais qu’il me faut chausser mes baskets ou mes bottes et filer dehors. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, pas question en effet de zapper la promenade quotidienne de Mr. Monchien.
Le plus souvent, quand mon quadrupède préféré vadrouille la truffe au vent, je m’occupe en écoutant de la musique mais il m’arrive aussi d’emmener mon appareil photo pour me divertir.
C’est un soir de mai, sous un ciel parfois bien menaçant que la balade canine m’a offert l’occasion de tenter quelques expérimentations photographiques dans une nature particulièrement riante après les pluies diluviennes essuyées les semaines auparavant.

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Et aujourd’hui, je vous propose tout simplement de venir promener le chien avec moi à travers la campagne et les bois fribourgeois.
En regardant ces photos, d’aucuns penseront (après avoir vu mes impressions romaines) que je traverse une période trouble ou que je devrais changer de lunettes. Tout en étant consciente que ce genre d’images ne plaira pas à tout le monde, je cherche à évoluer dans ma pratique photographique. J’explore ma propre voie avec le désir de créer quelque chose qui corresponde à mon ressenti et qui reflète celle que je suis. Ce processus porte en lui ses propres imperfections et implique encore de nombreux tâtonnements mais il me permet assurément d’avancer.
Afin d’assurer l’homogénéité visuelle de cette série, je me suis imposée des contraintes de couleurs, de format des photos, de choix d’optique (focale fixe 20 mm) et de technique photographique.

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Et contrairement à ce que je m’imaginais il y a encore peu de temps, je me suis rendue compte que ces contraintes, loin d’être une source de frustration, sont bénéfiques. Elles me simplifient singulièrement la tâche en m’évitant de me disperser et en me permettant une plus grande réactivité. En l’occurrence, il n’était pas question de réactivité puisque j’avais tout le temps à disposition pour cadrer mes paysages mais j’ai pu le vérifier dans d’autres situations.
A propos de ce constat, j’aimerais citer D. Duchemin dont les lignes, lues fortuitement après avoir réalisé ces photos, correspondent parfaitement à mon sentiment:
« L’adoption de contraintes facilite le travail, cela donne un cadre et libère de la tyrannie de la multitude des possibilités qui, souvent, paralyse la créativité… Poser des petites conventions comme l’emploi d’un élément de composition récurrent, une palette de couleur ou une technique, permet d’obtenir un travail plus homogène »*.
J’évite à dessein de vous livrer mes réflexions au moment de ces prises de vue, afin de vous permettre d’y voir ce que vous voulez et d’y imprimer les émotions qu’elles susciteront (ou pas…) en vous.
Nous voila au terme de notre balade. Le chien a couru comme un fou et attend sa gamelle du soir avec impatience. J’espère que vous aussi avez pris un grand bol d’air frais et que vous ne faites pas une indigestion de chlorophylle et de colza.
Et quoi qu’il en soit, je me réjouis déjà de vous lire…
*David Duchemin, La démarche du photographe, Pearson. Pour en savoir plus sur cet excellent ouvrage, je vous conseille d’aller lire l’article que lui consacre Marc Charbonnier sur son blog.







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