Ce qui frappe ce sont ces regards sans concession, sans fausse pudeur ni désir de séduire. Ces regards qui se plantent dans le vôtre, vous accrochent, vous interrogent et qui jamais ne laissent indifférents.
Ces regards sont ceux saisis par l’un des plus grands noms de la photographie. Je connaissais quelques unes de ses images mais n’avais jamais eu l’occasion de les voir exposées. Coup de bol, lors de mon escapade à Gênes au début avril, la fantastique exposition « Viaggio intorno all’Uomo » (voyage autour de l’homme) de Steve Mc Curry jouait les ultimes prolongations au Palazzo Ducale.
Laurence, notre coach lors de notre stage de « photografille« , a eu l’heureuse initiative de nous y emmener. C’est peu dire que cette exposition réunissant une sélection de plus de 200 photos couvrant plus de 30 ans de voyages et de rencontres de Mcc Curry à travers le monde m’ a fait l’effet d’une véritable claque tant elle était exceptionnelle.
Ce «voyage autour de l’homme » s’ouvre sur une galerie de portraits accrochés à des bâches noires translucides. Surgissant de l’obscurité dans laquelle ils sont plongés, ces visages d’enfants, de bergers, de femmes, de guerriers de tous horizons s’interpellent, se superposent pour dire au-delà de la diversité du genre humain et avec beaucoup de dignité, le drame de la guerre, la précarité de la vie, la joie aussi.
C’est dans ce premier espace que j’ai pris les photos de ce billet. Outre la beauté de ces photos, j’ai été séduite par l’habile mise en scène qui, grâce au subtil jeux de transparence, permet d’appréhender tout à la fois les portraits et les visiteurs en différents plans successifs.
La pénombre dans laquelle la salle est plongée et l’éclairage savamment maîtrisé ajoutent encore à la magie de l’ambiance.
L’exposition se poursuit dans trois autres salles où le photographe explore successivement le vertige de la guerre, de la douleur et de la peur (des images très dures, à la limite du soutenable pour certaines), puis la poésie et l’inattendu.
Elle s’achève avec la projection d’une vidéo qui raconte la recherche de la jeune fille, devenue l’icône du conflit afghan sur les pages du National Geographic. Près de 20 ans après avoir pris sa célébrissime photo, Steve McCurry a réussi à retrouver Sharbat Gula. Si bien entendu elle a changé et pris quelques rides, l’artiste relève que son son regard n’a rien perdu de son intensité. La preuve en images!
@ Steve Mc Curry @ Steve Mc Curry
Sharbat Gula, Pakistan,1984 Sharbat Gula, Pakistan, 2002








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