Même si le printemps semble avoir désormais pris ses quartiers sous nos latitudes, la balade en Laponie en se poursuit. Je vous emmène aujourd’hui à Tromsø, la plus grande ville du nord de la Norvège qui sert de point de départ à de nombreuses expéditions arctiques. Malgré sa position septentrionale, il n’est cependant pas rare, grâce à l’influence du Golf stream, que la température y atteigne 25° en été, d’où la profusion de bars et de restaurants qui lui valent son surnom de « Paris du Nord ». Notre escale y fut très brève. A peine 4 heures, juste le temps de faire un petit tour de cette ville universitaire de 55’000 habitants mais dont la superficie de 2400 km2 en fait l’une des villes les plus étendues au monde. Autant dire que l’aperçu que nous en avons eu fut plutôt succinct. La cathédrale de Tromsdalen, dite aussi cathédrale arctique, est certainement l’un des monuments phares de la cité. Avec ses 11 panneaux de béton revêtus d’aluminium disposés de part et d’autre du faîte, on repère sa silhouette futuriste loin à la ronde.
C’est du reste de loin qu’elle est à mon sens la plus intéressante car son intérieur, d’une sobriété très luthérienne, s’avère peu chaleureux et plutôt décevant (mis à part un imposant vitrail de 23 mètres de haut). Je ne m’y suis pas attardée, préférant chercher à l’immortaliser de l’extérieur. Mais photographier ce genre de bâtiment sans tomber dans la banalité n’est toutefois pas si simple, surtout lorsqu’un car de touristes pressés n’attend que vous…
Je suis rentrée au port sans être réellement satisfaite de mes captures, à l’exception d‘une vueincluant la coque rouge de notre bateau. Ce n’est qu’à la nuit tombante que l’architecture moderne et épurée de l’église s’est pleinement révélée, magnifiée par l’éclairage artificiel. Y voyant une occasion de faire prendre l’air à mon trépied, j’ai testé quelques prises en pauses longues, ne résistant pas au plaisir de faire de vraies cartes postales du pont se reflétant dans la baie. Alors que je tentais ensuite quelques images de la cathédrale en format portrait, mon appareil mal fixé sur son support a lentement piqué du nez. Maudissant tant mes doigts rendus maladroits par le froid que mon matériel,je me suis ravisée en regardant le résultat sur l’écran de mon réflex. L’image était ratée bien sûr mais le lent mouvement appliqué à l’appareil durant la prise de vue conférait à cet édifice un aspect abstrait original. J’ai donc retenté le coup, volontairement cette fois-ci, en affinant ma « technique » et le temps de pause, afin d’obtenir un résultat moins brouillon. Il m’a fallu faire vite car déjà retentissait la sirène du bateau qui levait l’ancre. Quelques minutes et deux ou trois déclenchements plus tard, il reprenait la mer, son déplacement mettant un terme définitif à mes expérimentations.
Et voila comment grâce à un petite suggestion du hasard, j’ai réussi à faire surgir de mon boîtier une image plutôt personnelle de la cathédrale arctique, comme esquissée par la spatule nerveuse d’un peintre contemporain. Alors dites–moi, cette photo vous parle-t-elle ou est-elle trop « conceptuelle » à votre goût?




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