Jouer au Petit Poucet. Suivre non pas les cailloux semés ça et là mais le délicieux gargouillis de l’eau. Pas n’importe quelle eau. Celle venue d’en-haut, l’eau précieuse des glaciers domestiquée par le génie humain depuis des siècles en Valais.
Marcher le long des bisses. S’immerger dans le patrimoine de ce canton montagneux dont les habitants, dès le XIVème siècle, ont rivalisé d’inventivité et de travail pour assurer l’irrigation des prairies fourragères en construisant des canaux en bois, en métal ou creusés dans la roche.
Se laisser porter entre ombre et lumière et réfléchir au temps où l’eau considérée comme un bien public était gérée communautairement par des groupes d’agriculteurs dans le but de construire les systèmes d’irrigation et de se répartir les droits et les charges selon la surface et la taille du troupeau de chacun.
Mais surtout se balader et savourer l’atmosphère paisible qui règne dans ces lieux. C’était en octobre dernier. Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir l’un de ces itinéraires. A la faveur d’un doux week-end d’automne ensoleillé, nous avons suivi le bisse de Vercorin.
6,5 kilomètres (sans compter le retour) entre 1450 et 1700 mètres. Un dénivelé agréable et surtout pas de passages « scabreux ». Certains bisses creusés à flan de parois vertigineuses nécessitent en effet casques, baudriers et assurent aux amateurs de sensations fortes de réelles montées d’adrénaline dont je je suis pas vraiment friande.
Au début du XXème siècle, on dénombrait quelque 1800 km de bisses dans le canton Malheureusement, les canaux sont pour la plupart tombés en désuétude et laissés à l’abandon à partir de la seconde moitié du siècle dernier.
Aujourd’hui toutefois, la valeur patrimoniale des bisses, le souci de conserver cet héritage et de préserver la biodiversité leur vaut un regain d’intérêt du public.
Et vous, vous êtes-vous déjà baladé le long d’un bisse?







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