J’ai dix ans. J’en ai marre de mon prénom que je dois partager chaque année avec au moins une autre camarade de classe. J’ai dix ans et je m’invente une autre vie. Je suis Yolande, unique, exotique..
J’ai dix ans et je maudis mon excellente vue. J’aimerais tant porter moi-aussi une paire de lunette qui donne l’air si intelligent.
J’ai dix ans et je me fabrique un appareil orthodontique avec un vieux chewing-gum. C’est tellement classe de parler en zézéyant légèrement. Et si je pouvais aussi avoir un plâtre à la jambe, tous mes copains pourraient y faire une petit dessin et surtout, je pourrais m’éclater avec des béquilles.
J’ai dix ans et ce dont je rêve par dessus tout, ce qui me met des étincelles dans les yeux, c’est de m’imaginer dans une des ces divines robes scintillantes m’élançant virevoltante sur la glace telle une gracieuse princesse ovationnée par le public….
Je n’ai plus dix ans, je ne suis pas vraiment à l’aise sur des patins, mais en m’asseyant sur les gradins de la patinoire de Lausanne la semaine dernière pour admirer le spectacle « Art on ice », c’est tout mon univers fantasmagorique de gamine qui m’est revenu en mémoire.
Les chorégraphies et les costumes de patinage artistique ont bien changé depuis lors. Moins de strass kitchissime, moins de musiques sirupeuses.
Les numéros s’enchaînent au rythme de l’orchestre live placé sur une scène au bout de la patinoire et de la voix de Simply Red, Mick Hucknall.
Beaucoup de virtuosité, les patineurs sont de vrais athlètes, mais beaucoup de poésie également et des jeux de lumière qui participent à la magie du spectacle.
Pour la première fois, je me suis essayées à la photo « de scène » dans des conditions de luminosité pas évidentes du tout. Comme l’usage du flash n’est pas autorisé, j’ai eu recours à mon objectif le plus lumineux, le 105mm macro/f 2.8 et ai dû monter les iso assez haut (aïe le bruit) pour ne pas avoir des images trop fantomatiques. J’ai essentiellement essayé de tirer parti des ombres sur la glace et des jeux de lumière pour tenter des images un peu plus personnelles, mais sans zoom et à la vitesse à laquelle filent ces patineurs, il est difficile de fignoler son cadrage.
Malgré la difficulté, j’ai adoré suivre ce show par le petit bout de mon objectif en étant attentive à tous les détails de celui-ci et me suis régalée des couleurs pétantes imprimées sur mon capteur. Une belle expérience photo!







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