Après du bleu ciel, du bleu froid et du bleu nuit, je me suis dis qu’une touche de rouge dans mes aperçus de Laponie serait la bienvenue. Ça aurait pu être le rouge des maisonnettes ponctuant les pentes des fjords enneigés mais ce sera plutôt le rouge des bateaux de la compagnie maritime Hurtigruten.
C’est à Harstad en Norvège que nous avons embarqué notre voiture à bord du Richard With pour deux jours d’une croisière qui nous a conduit tout au nord de ce pays. Créée en 1893 au service de la poste, l’Hurtigruten compte 13 bateaux qui circulent toute l’année de Bergen (sud-ouest de la Norvège) à Kirkenes (près de la frontière russe, au-delà du Cap Nord), desservant quotidiennement 34 ports répartis sur 2700 km. Le voyage aller-retour s’effectue en 12 jours.
Combinant transport de fret, de passagers et croisière, les bateaux de l’Hurtigruten sont devenus avec le temps de plus en plus imposants et confortables. Outre un restaurant et un café, ceux de la dernière génération comme le nôtre comptent d‘autres installations touristiques tels que salons panoramiques, bars et même bains bouillonnants. Inutile de préciser qu’il faut être très courageux et vraiment pas frileux, ce qui n’est pas mon cas, pour se rendre en maillot de bain sur le pont pour profiter du jacuzzi…
Ceci dit, avec ce genre de voyage, on est loin de la « Croisière s’amuse ». Ce n’est pas que l’on s’y ennuie mais sur ces bateaux, vous oubliez les soirées du capitaine en robe à paillette ou autres photos clic-clac à chaque sortie de bateau. Le standing des passagers reste simple et décontracté, y compris durant les dîners, ce qui me convient particulièrement bien. Vu mes incessants déplacements sur le pont, j’ai du reste passé mon temps en tenue de ski, sauf pour un repas du soir, ce qui se révéla être une grande erreur (j’en reparlerai dans un prochain billet).
Quant aux cabines, elles sont modernes et relativement spacieuses avec douche et wc. La température y était un peu fraîche mais comme finalement on ne fait qu’y dormir, c’est peu dérangeant.
La restauration est absolument délicieuse et propose de copieux buffets. Pour ceux qui aiment poissons et fruits de mer, c’est un régal absolu de produits fraîchement pêchés. Au cours du voyage des animations permettent de rencontrer d’authentiques pêcheurs qui rejoignent le paquebot en barque pour apporter leurs crabes royaux encore vivants ou de faire déguster aux passager du stockfish, ces filets de morues séchées (perso, j’ai bien aimé).
Le trajet est souvent considérécomme l’une des plus belles croisières du monde. Le spectacle est permanent. Des paysages variés et à couper le souffle se déroulent lentement et présentent continuellement de nouvelles facettes intactes sous une météo qui peut changer du tout au tout en très peu de temps.Des excursions sur la terre ferme sont proposées quotidiennement, qu’il s’agisse de visites de ville comme à Tromsø, d’excursions plus lointaines comme au Cap Nord ou de sorties sportives en motoneiges ou en traîneaux à chiens. Les escales sont passionnantes également puisque les bateaux de l’Hurtigruten ne sont pas vraiment des paquebots mais des ferry qui travaillent sans relâche. Durant la nuit ou au petit matin, il n’est pas rare d’entendre le bruit des chaînes qui claquent, des sirènes, la vie portuaire qui pulse.
Notre croisière s’est achevée en mer de Barents, là où le froid est si vif qu‘elle s‘est transformée en banquise. Ce fut un vrai moment d’émotion pour moi et c‘est à regret que j’ai quitté le bateau à Kirkenes. J’ai eu tellement de plaisir que je ne rêve plus maintenant que de découvrir la partie plus australe du trajet de l’Express côtier, de Bergen jusqu’aux îles Lofoten que nous n’avons pas eu le temps de visiter. Sous le soleil de minuit l’année prochaine pourquoi pas…









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