Février, sa grisaille qui nous mine le moral, sa froidure qui n’en finit pas… Ce n’est pas un hasard si nos ancêtres ont inventé le carnaval pour mettre de la couleur dans cette fin d’hiver monochrome et booster un quotidien léthargique. La Suisse, un peu austère et protestante, n’est pas vraiment réputée pour ses carnavals et pourtant en cette période, ils sont célébrés un peu partout, le plus connu d’entre eux étant celui de Bâle.
Plus près de chez moi, ce sont les Brandons qui ont mis le feu à la bourgade de Payerne. Place aux déferlantes de costumes bigarrés, aux pluies de confettis, aux cortèges de chars, au charivari endiablé des guggens…
Immergée dans la foule, j’ai commencé par prendre des photos traditionnelles de la fête, des portraits, des expressions savoureuses, grimaçantes ou plus tendres. Mais lorsque le cortège s’est mis en marche, dans la cacophonie des fanfares de tous genres, j’ai eu envie de faire un autre type de photos.
J’ai eu envie de faire des photos qui font du bruit, oui, oui j’ai bien écrit qui « font du bruit » (je ne parle pas ici du bruit numérique qui parasite les images lorsque l’on utilise une sensibilité trop élevée), envie de traduire en images le tintamarre des cuivres et percussions des Guggenmusiks et de doper mes photos à l’énergie pour transmettre à tous ceux qui les regardent la folie de la fête.
Je me suis faufilée tout près du cortège et me suis mise à en photographier les protagonistes en zoomant avec mon 18-200 mm, en ayant pris soin de fermer mon diaphragme pour obtenir une vitesse suffisamment lente. Après quelques ratés, j’ai obtenu des images qui explosent de couleurs et nous font tourner la tête. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que cette technique est appelée explozoom (ou zooming). Petit conseil, lorsque vous effectuez un coup de zoom, mieux vaut le faire de la focale la plus large à la plus longue (par exemple du 18 au 55 mm), vous obtiendrez des images plus lumineuses.
Cette technique a l’avantage d’estomper des éléments peu esthétiques du cadre et de dynamiser ses images. Elle se prête particulièrement bien à scènes sociales comme les manifestation, des fêtes etc. mais attention à ne pas en abuser. L’effet devient lassant s’il est trop souvent utilisé.
Ne trouvez-vous pas que la photo de cette trompette verte fait autrement plus de bruit que celle de l’énorme souzaphone ci-dessous?






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