Combien de fois sur la route me conduisant au boulot suis-je restée médusée par une lumière fantastique, par un ciel dramatiquement beau, combien de fois ai-je amèrement regretté de ne pas être libre de mon temps pour en profiter ou me suis-je maudite de ne pas avoir mon réflex à portée de main… Si vous saviez le nombre de photos « géniales » que j’ai prises uniquement dans ma tête parce que ce n’était ni le lieu ni l’heure de faire des photos…
Je suis sûre de ne pas être la seule à me faire ce genre de réflexion et que de nombreux photographes ont, tout comme moi, été frustrés un jour ou l’autre de ne pouvoir librement s’adonner à leur passion pour x raisons. En ce qui me concerne, cet automne fut particulièrement riche en occasion manquées. Entre petits matins brumeux sur la campagne, ciels orangers au lever du jour, orages menaçants, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de tempéter au volant de ma voiture, parce que j’étais sensée faire autre chose que d’immortaliser dame nature.
Cette semaine, alors que dans un moment de lassitude, je levais le nez de mes dossiers pour jeter un oeil par la fenêtre de mon bureau , j’aperçus, ou plutôt j’entraperçus le tout récent Pont de la Poya. Surgissant partiellement de l’épais brouillard qui l’enveloppait, l’élégant ouvrage semblait flotter dans la ouate. Cette vision irréelle, très « high key » et éthérée avait tout pour me séduire. Un réflex ne faisant pas partie de mes outils de travail, il ne me restait que mon fidèle Iphone pour capturer cette scène que l’on aurait dit tirée d’un film de science fiction. Mais la piètre qualité de l’image due à l’utilisation du zoom me fit une fois de plus regretter mon Nikon. Le lendemain, dans l’espoir très naïf de voir les mêmes conditions se répéter, j’emmenai mon volumineux reflex(mon hybride n’a pas de zoom) dans mon sac. Et vous savez quoi?
Il a fait grand beau.
Caramba, encore raté!

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