
Précipitations à l’est, averses à l’ouest, ciel d’avril ne se découvre pas d’un fil!
Mais dimanche de pluie ne rimera pas avec dimanche pourri me répétais-je comme un mantra le week-end dernier. Après avoir envisagé diverses distractions possibles, c’est sur la capitale helvétique que j’ai mis le cap pour une visite du Centre Paul Klee. Une demi-heure de route rythmée par le va et vient des essuie-glace et me voici face à l’impressionnante construction née de l’imagination de l’architecte italien Renzo Piano. Si la météo avait été plus clémente, j’aurais volontiers jeté mon dévolu photographique sur cette saisissante onde de verre et d’acier surgissant des prairies environnantes mais vu la quantité d’eau qui me tombait sur la tête, je n’ai pas traîné à l’extérieur.
Dédié à la personne, la vie et l’oeuvre de Paul Klee (1879-1940, né à Berne mais de nationalité allemande), le Centre présente actuellement une exposition articulée autour du mouvement dans la création de l’artiste. Le mouvement est un concept fondamental dans la pensée de Paul Klee, ainsi que dans ses réflexions sur la conception et la création artistiques. Pour lui, créer commence au moment où un point est mis en mouvement. Dans son libre déploiement autonome, ce mouvement se développe comme une ligne libre – « dans une promenade, pour elle-même ».
Ce thème passionnant m’a occupée un bon moment. Puis comme j’avais mon appareil sous la main, je n’ai pu m’empêcher de capturer en catimini quelques images mais pour cela, j’ai dû ruser et me faire discrète. Non pas qu’il était interdit de prendre des photos (je m’étais renseignée à l’entrée) mais pour éviter d’être repérée par mes sujets car plus que les oeuvres, c’est l’attitude des gens dans ce contexte qui m’intéressait.
Tout d’abord, il m’a paru particulièrement intéressant de jouer avec les inscriptions murales (dont la traduction figure en légende sous les photos). Pour cela, j’ai choisi d’insérer dans mon cadre des éléments illustrant l’inscription comme ces enfants turbulents déboulant à point nommé (1) et cette jeune femme très mode défilant devant les tableaux ( 3). Puis lorsque j’ai vu une femme aux cheveux gris s’appuyer sur une canne, j’ai déclenché en souriant à ce détail nettement plus ironique (photo 2).
Je me suis ensuite inspirée du thème de l’exposition, traquant tout mouvement insolite dans la salle. J’ai pesté en constatant qu’il ne m’était pas possible de photographier sans me trahir une visiteuse ankylosée faisant son stretching face à une oeuvre ( ah elle aurait été trop bien cette photo!!!) mais je me suis consolée en immortalisant le jeu de jambe de l’élégante en bottines que j’ai suivie « sans en avoir l’air ».

Et finalement, je suis restée de longues minutes à feindre un profond intérêt pour une toile en attendant le moment béni où un visiteur viendrait inscrire son mouvement au fond d’un couloir encadré par une forêt de lignes verticales.

Et vous, vous êtes-vous déjà amusés à photographier les visiteurs d’un musée? Quelles ruses avez-vous utilisée? Quel parti-pris avez-vous choisi?
N’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires:-)
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