A Mykonos, en fin d’après-midi, c’est un véritable flot ininterrompu de vespas et de quads qui draîne l’île dans la même direction. Des jeunes essentiellement, en mini short et t-shirt, parfois casqués, semblent répondre à un mystérieux et irrésistible appel.
Ici pas besoin de carte pour trouver le paradis, il suffit de suivre le mouvement sur les petits chemins plus ou moins défoncés à travers un paysage quasiment lunaire pour accéder à l’un des lieux mythiques de la fête. Paradise beach n’a pas volé son nom, c’est assurément l’une des plus belles plages de l’île. Mais si vous aimez le calme et la solitude, ce paradis aura plutôt pour vous des saveurs infernales. Dès 17 heures, la techno pulse, le rythme monte jusqu’à faire tressauter le coeur dans la poitrine, pauvre caisse de résonance. Elle distille ses rythmes puissants, répétitifs qui libèrent les corps en une danse désarticulée. La fête bat son plein. Le flot loin de se tarir s’accentue encore. La foule grandit, l’ambiance monte. Des jeunes au corps parfaits, tout juste vêtus de maillots de bain, se déhanchent sur les bars, sur la plage. Des malabars aux pectoraux moulés dans des maillots étriqués veillent. Fascinée par cette atmosphère, j’essaie de prendre quelques photos. La promiscuité m’oblige toutefois très rapidement à renoncer. Un peu plus loin, les rythmes de la techno s’effacent à peine au profit d’une musique latino sur laquelle des couples félins s’essaient à des chorégraphies ondulantes particulièrement rapprochées. J’observe, j’admire, hypnotisée par cette sorte de transe collective qui néanmoins reste bon enfant. Me sentant plutôt décalée dans cet univers très jeune, je ne m’attarde pas, d’autant que sur le coup des 19h. la foule devient vraiment très dense. En quittant la partie club de la plage, je m’arrête quelques instants au camping assez exotique dans son genre pour tenter enfin quelques images.
Mais mon plaisir fut de courte durée. Le scribouilleur à la pipe m’est tombé dessus à bras raccourci exigeant que je supprime la photo que je venais de prendre sous prétexte qu’il était journaliste (je ne vois pas le rapport!!!). J’ai eu beau argumenter que je l’avais pris de dos et qu’il n’était nullement reconnaissable, il n’en a pas démordu. Par gain de paix, j’ai effacé la dernière image mais me suis bien gardée de lui signaler que j’en avais plusieurs autres en réserve. Faut pas exagérer tout de même!



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