
Le Maroc, ses couleurs, ses senteurs, ses paysages tour à tour austères, somptueux, sensuels…
A l’orée d’un printemps peu pressé à mon goût, j’aurais aimé comme l’an passé me fondre dans l’ocre du désert, savourer le vert des palmeraies, me délecter de ses saveurs suaves et épicées… Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément et en 2016, nous n’avons (hélas) pas inscrit de voyage pascal au programme. Ces derniers jours, un peu dépitée par la grisaille helvétique et en mal d’ailleurs, je regardais avec un brin de nostalgie les photos de ce séjour dont certaines ont fait l’objet de quelques billets (ici, là, là et ici). D’autres par contre gisaient encore inexploitées dans mon ordi. Jusqu’à présent, j’avais renoncé à vous les montrer en raison de leur caractère un peu … particulier. Mais avec le recul et en y jetant un oeil neuf, j’ai eu envie de partager avec vous l’ambiance de ce petit « road trip » accompli au pied de l’Atlas durant ces vacances.
Je suis bien consciente que les images, plutôt expérimentales, que je vous présente ici ne feront pas l’unanimité. Elles fileront peut-être le mal de mer à certains, d’autres se jetteront sur leurs lunettes croyant à une baisse de leur acuité visuelle. Qu’à cela ne tienne, je prends le risque. Les photos que je vous livre aujourd’hui n’illustrent pas que des fragments de route, elles tendent aussi à traduire mon ressenti lors de cette excursion de trois jours en voiture dans le sud du pays.
Les paysages étaient magnifiques, je m’en suis mis plein les yeux, le nez collé à la vitre mais comme souvent lors de déplacements en voiture, il arrive fatalement un moment où le bruit sourd du moteur, les vibrations et l’immobilisme me bercent et me plongent dans une douce somnolence. Je suis sûre que vous connaissez aussi ce genre d’engourdissement. Vos paupières deviennent lourdes, vos yeux se troublent et votre cerveau se met à interpréter les signaux qu’ils lui transmettent de manière un peu psychédélique… Vous ne dormez pas tout à fait mais vous n’êtes plus vraiment là. C’est cet état d’entre deux que j’ai essayé de traduire avec le petit appareil compact qui m’accompagnait.
(clic sur les photos pour les visualiser en grand sur fond noir recommandé).
Nous avons roulé longtemps sous le soleil mais entre Ouarzazate et Merzouga, la météo s’est gâtée. Le ciel s’est obscurci et nous est tombé sur la tête. Des trombes d’eau ont très rapidement transformé la route en rivière, semant la pagaille parmi les véhicules. Du coup, je ne somnolais plus du tout. Fascinée par la violence de la pluie, j’ai vu, à travers la vitre dégoulinante, le paysage se tordre, devenir liquide et ses couleurs se diluer.
Notre voiture 4×4 et l’habileté de notre chauffeur nous ont permis heureusement d’éviter un enlisement. Nous sommes parvenus sans heurts majeurs au ryad où nous devions passer la nuit. Et le lendemain, c’est sous un ciel lavé de tout nuage que nous avons pu reprendre la route.
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