Mi-mai 2012.
Il est encore tôt. J’écarte le voilage de la fenêtre pour laisser mon regard se perdre dans la lumière du jour naissant. Elle est là, juste en face de moi, comme une sorte de bête tapie dans l’eau, dont l’échine, hérissée d’une multitude de drapeaux noirs, émerge à peine de la mer. Cette île, et ce que j’en ai lu dans mon guide, attisent ma curiosité. Rien de tel qu’un gros caillou fortifié par les Vénitiens en 1579, puis occupé par les Turcs et enfin reconverti en léproserie de 1903 à 1957 pour enflammer l’imagination.
Le soir venu, après avoir sillonné la Crête dans tous les sens, c’est à Plaka, un petit village de pêcheurs encore préservé, que nous nous arrêtons pour manger. Nos mezze terminés, nous bavardons avec nos voisins de table. La femme, d’origine belge, n’est autre que l’épouse du tenancier du restaurant.

Au milieu de la conversation, pointant du menton l’îlot situé à quelques encablures du restaurant, elle me demande soudain si j’ai lu le fameux roman qui se déroule à Spinalonga. Bien obligée de reconnaître que je n’avais jamais entendu parler de ce bouquin, je me suis empressée de lui en faire noter les références sur un coin de serviette en papier.
Nous n’avons pas eu le temps de nous rendre sur Spinalonga mais c’est ce livre qui m’a accompagnée durant mes vacances estivales en France. Une fois plongée dans cette saga familiale, je ne l’ai plus lâchée, retrouvant avec plaisir bon nombre d’endroits visités au printemps et découvrant en arrière-fond l’histoire véridique de cette île transformée en léproserie au début du XXème siècle. Les conditions de vie des lépreux déportés là d’abord de Crête, puis de toute la Grèce, et leur combat pour améliorer leur malheureuse existence (restauration des anciennes demeures turques, remise en service du système d’irrigation installé à l’origine par les Vénitiens, création de jardins potagers etc.) y sont décrits de manière documentée et très réaliste. La lèpre, ce fléau éradiqué il n’y a pas si longtemps et dont je ne connaissais finalement pas grand chose, occupe bien entendu une large place dans ce bouquin.
Je ne vous cacherais pas que si je me suis facilement laissée embarquer dans l’histoire de ces trois générations de femmes au destin étroitement lié à Spinalonga, j’ai cependant regretté que l’auteur ne soit pas parvenue à éviter certains écueils en abusant notamment un peu trop du pathos. Intrigues sentimentales, trahisons, infidélités, passion font certes de ce livre un vrai roman « d’été » divertissant, mais le style s’en avère décevant à mon sens. D’avantage de consistance n’aurait pas nuit à l’ensemble. Il n’en demeure pas moins un best-seller traduit dans 25 pays et vendu à plus de deux millions d’exemplaires. L’avez-vous reconnu?
Une fois de plus, j’ai pris des libertés avec le projet 52 en utilisant une photo datant de mai dernier. Mais comme de toutes façons, j’envisageais de parler ici de ce roman, la tentation était trop grande, d’autant plus que le thème de cette semaine me permet de vous proposer une brève escapade en Crête. Je posterai samedi prochain au bas de ce billet la réponse à cette petite devinette.
Si vous avez besoin d’un bouquin, pas besoin d’aller à la bibliothèque, c’est chez Donlope qu’il faut vous rendre dimanche pour y trouver en images toutes les propositions de lecture des participants au projet 52.
Edit du vendredi 17 août 2012
Bravo à Véro qui a découvert le titre de ce livre. Je voulais encore préciser que j’ai pris la photo qui illustre le thème de la semaine avant de connaître ce bouquin. C’est marrant comme la photo de la couverture et la mienne se ressemblent.
Vous pourrez lire le résumé de l’histoire et l’avis d’autres lecteurs ici. Personnellement, je l’ai téléchargé en format kindle sur mon Ipad. J’apprécie beaucoup cette formule pour mes lectures de voyage. Bon week-end à tous et à la semaine prochaine.






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