Vous vous demandez certainement pour quelle raison je mets cette photo de rue sans aucun intérêt en tête de mon billet. Vous êtes prêts? Je vous explique.
Début décembre, je croise dans la rue une amie. Après les banalités d’usage, elle me propose un petit mandat, celui de prendre une photo de sa maison pour illustrer ses cartes de voeux. Très flattée qu’elle s’adresse moi pour une telle mission, j’accepte sans réfléchir, me disant que la tâche ne serait pas bien compliquée. C’est lorsque je me suis rendue à l’adresse indiquée que je me suis rendue compte de l’étendue du problème. La rue de la vieille ville est certes très belle, elle n’en est pas moins constamment envahie de véhicules parqués quasiment sur le seuil de chaque maison. J’y suis allée à différentes heures de la journée, sans que la situation s’améliore. J’ai eu beauessayer tous les angles possibles et imaginables, j’avais inévitablement une horrible bagnole dans mon cadre ou alors en me rapprochant trop de l’immeuble, je n’en avais qu’une vue tronquée absolument pas esthétique.
J’ai bien pensé aux reflets dans les fenêtres des bâtiments d’en face, mais là encore, ça ne fonctionnait pas. Et avec ça, pas la moindre déco de Noël qui m’aurait permis de faire scintiller les pixels, Rien du tout, austère je vous dis!
La pluie a bien essayé de venir à ma rescousse en me donnant l’idée d’égayer ce décembre tristouille avec les couleurs des parapluies des passants mais avec les voitures alignées le long du trottoir, je me retrouvais avec uniquement des troncs humains surmontés d’une tache colorée ;-(
Le 18 décembre dernier, je contemplais pour la nième fois la rue encombrée en songeant très sérieusement à jeter l’éponge (ce qui chiffonnait méchamment ma fierté) lorsque ô miracle, la voiture garée juste devant le sujet de ma photo s’en est allée. Les places étant très prisées dans le quartier, je savais qu’il me fallait réagir vite. J’ai pris une photo à la hâte mais avouez que pour une carte de voeux, y a mieux que des sacs poubelles bleus devant une façade grise.
Comme aucun passant ne se profilait, dans un éclair de lucidité, j‘ai décidé d’aller sonner à la porte de ma « mandante » (toujours en priant pour que personne ne vienne piquer la place de parc providentielle) pour lui demander de sortir immédiatement avec un parapluie (j’ai bien sûr aussi viré les sacs poubelles un peu plus loin). Comme j’avais envie de mettre du dynamisme dans l’image, j’ai choisi une vitesse lente (1/10s). L’effet fantomatique du personnage surmonté de son ombrelle orange me plaisait bien mais il manquait encore quelque chose.
Alors que mon amie faisait docilement les 100 pas devant sa porte, j’ai bénéficié d’un petit coup de pouce providentiel. Un habitant de l’immeuble a soudainement allumé la lumière de l’entrée. Yesss, je la tenais ma photo!
Les carreaux orangers faisant écho au parapluie boostent agréablement l’image et lui donnent un côté vitaminé, souligné par l’effet de mouvement du personnage. La lumière met également beaucoup mieux en valeur les motifs des différents grilles que l’on retrouve sur la photo. Ce petit scénario a pris à tout casser trois minutes, le temps qu’il a fallu à un automobiliste pour repérer la place de parc libre!
Au post-traitement, j’ai nettoyé et éclairci la façade. J’ai également renforcé la couleur orange.






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