Certains ont besoin de marcher des kilomètres au grand air et de se perdre dans la contemplation du ciel…
D’autres de boire des litres de thé ou de s’enfermer dans leur bureau…..
Pour ma part, c’est très souvent dans ma cuisine que je réfléchis le mieux.
Ce soir-là, en battant des oeufs, j’ai l’esprit en vadrouille. Par je ne sais quel mécanisme neuro-obscur, il fait converger mes préoccupations diététiques post-gueuletons et mes envies photographiques du moment. Les balais du robot s’agitent, les blancs coagulent, enflent, les idées montent… Je me rends compte que si mon assiette et mon estomac saturés réclament du dégraissé, mon oeil et mon objectif, dans la même veine, aspirent à d’avantage de légèreté, comme pour se purifier du trop de tout de fin d’année. Trop de couleurs, de textures, de paillettes, de clinquant…
Et plus je contemple cette mousse d’albumine aérienne gonfler dans son récipient, plus je sais que j’ai envie de laisser le blanc envahir mes images, ronger leur substance pour les débarrasser de leur manteau lipidique et que seule demeure leur substantifique moelle. Je veux qu’on leur voie les côtes, que leur colonne vertébrale se révèle dans toute leur graphique essence. En réaction à la surcharge, la cure, l’épure, l’ascèse presque.
Après plus d’un an de tâtonnements photo tous azimuts, je me rend compte qu’il me faut essayer de donner à mes images, à certaines d’entre elles à tout le moins, une orientation plus personnelle et cohérente. Blanc en neige procède de cette intention. J’ai commencé cette série « en noir graphique et blanc cramé » pendant mes vacances de Noël et entends bien l’enrichir au gré de la saison hivernale . Avec pour prochain objectif d’introduire des personnages (ou des animaux) dans mes photos…
Alors dites-moi, que pensez-vous de mon soufflé nouvelle cuisine?




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