Si vous saviez à quel point j’aime cette période de l’année. La tiédeur de l’air, les jours qui s’étirent, les jupes enfin légères, les blés qui blondissent à vue d’oeil, les cerisiers qui rougissent sous le poids des fruits… Et si chez moi, les cigales n’ont pas encore entonné leur chant estival, les coassements assourdissants des grenouilles, qui le soir venu ont le don d’irriter le Romand de mes nuits, sont pour moi la plus douce des berceuses.
Juin, c’est la tentation de l’oisiveté, le goût des vacances au bord des lèvres sans toutefois avoir encore la permission de mordre dedans. Juin, c’est l’euphorie un peu maso de l’attente, dans l’effervescence des derniers dossiers à boucler et des mille et une choses à régler avant la grande pause estivale. Juin, c’est la perspective d’un plaisir que l’on sait au rendez-vous au bout du ponton.
J’aimerais que ce temps dure longtemps, qu’il se démultiplie et idéalement qu’il s’arrête. J’amerais garder longtemps sur la langue ce bonbon délicieux, m’en imprégner les papilles, le palais, avant qu’il ne fonde, comme les amants savourent la montée de l’escalier avant d’entrer dans la chambre. Parce qu’après tout va vite, trop vite.
Je me délecte de ces ultimes heures de printemps qui jouent les prolongations avec le soleil, prétexte à traîner, à rêvasser à ce que seront nos soirées d’été. Je veux les capturer encore et encore, saisir les nuances des derniers rayons sur le lac, traquer les moindres reflets dans ses eaux et me laisser glisser inexorablement sur la promesse d’heures plus douces encore….
Pour une fois, une photo qui n’est pas issue de mon objectif (et pour cause) mais du téléphone portable de mon Romand préféré qui a toujours la patience d’attendre que j’aie fini mes multiples essais photographiques.
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