Les moulins (Kato Myli), stars de Mykonos
Ce matin-là, Eole s’en était donné à coeur joie et c’est l’estomac un peu barbouillé que nous avons débarqué du ferry qui nous conduisait à Mykonos. Après deux semaines sur le Péloponèse, en Grèce continentale et dans les Cyclades, cette île constituait l’ultime étape de notre périple grec.
C’est un peu curieux de commencer mon récit par la fin mais peu importe. Cela me permettra de remonter le temps et de toute façon, chaque étape de ces vacances estivales était un voyage en soi. Mais revenons à Mykonos. Avec sa réputation de fêtarde et de lieu hyper branché, la belle n’avait à priori pas vraiment d’atout pour me séduire mais comme nous devions y prendre notre avion du retour trois jours plus tard, je n’allais pas faire ma bêcheuse.

Vue sur la petite Venise, Chora
Ce n’est donc qu’à moitié convaincue que j’ai abordé cette dernière escale, en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire sur cette île noctambule, très jet set et surtout bondée en cette période de l’année.
J’ai eu tôt fait de ravaler mes préjugés. L’île a certes tout de la carte postale, surtout sa capitale Chora, véritable Saint-Trop de la mer Egée, elle n’en a pas moins beaucoup de charme pour autant que l’on évite les heures de grande affluence. Tôt le matin ou en fin d’après-midi, les fêtards dorment encore ou se préparent pour une longue nuit, laissant les ruelles « relativement » désertes.
Eglise de Paraportiani, Chora
Nous avons ainsi eu tout loisir de déambuler tranquillement parmi les maisons blanches aux toits plats qui se découpent sur les ruelles pavées et chaulées. Dans ce dédale d’allées étroites et enchevêtrées, nous n’avons pas manqué de nous perdre.
Au gré de nos flâneries, d’échoppes en placettes, nous avons en effet tourné en rond un bon moment avant de nous repérer. La stratégie des anciens qui, en adoptant un tel plan, cherchaient à désorienter les pirates fréquents à l’époque, fonctionne bel et bien. Cette conception urbain constitue également une protection contre le vent particulièrement vigoureux dans les Cyclades.

Tout le monde se perd, même les galeries!
On se promène dans cette cité, comme dans un décor de cinéma, en se demandant ce que va nous révéler chaque coin de rue. Les maisons auxquelles ont accède par une volée de marches drues, sous lesquelles se nichait autrefois de cellier, ressemblent à des maisons de poupée.

Une savoureuse rencontre à Chora
En haut de l’escalier, on trouve un petit balcon de bois peint qui surplombe la rue étroite et touche quasiment le balcon correspondant de la maison d’en face.
Ici, on oublie les traditionnels blanc et bleu grecs. Les boiseries de la ville sont peintes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, offrant un splendide contraste avec les murs blancs à la chaux et le bleu du ciel.
Nous n’avons passé qu’une demi-journée à Chora. Le reste du temps nous avons plutôt cherché à échapper aux hordes de touristes et avons sillonné l’île (qui est relativement petite) dans tous les sens sur notre quad de location. Dit comme ça, ça fait un peu asocial, mais je vous assure qu’à certains endroits il y a vraiment beaucoup de monde.

Phare abandonné de Fanari, au nord de l’ìle
Les agences de location de quads et les scooters fleurissent à chaque coin de rue. C’est le moyen de locomotion idéal mais revers de la médaille, il y a eu tellement d’accidents que ces engins sont désormais bridés à 50 cm3. A deux (avec les 192 cm, format hockeyeur de mon Romand chéri), autant vous dire que notre engin peinait lamentablement dans les montées..
Nos balades nous ont conduits à de petites plages plus ou moins fréquentées, à des tavernes divines dans lesquelles nous avons été accueillis chaleureusement et où nous nous sommes repus de salades grecques et de moussaka. Nous avons traversé des paysages arides ponctués de nombreux rochers leur conférant un côté étrange et désolé contrastant singulièrement avec l’activité sophistiquée de la ville. Et c’est en vain que nous avons cherché quelques arbres pour ombrager notre sieste. L’eau est rare à Mykonos. On y recense qu’une seule source permanente, l’essentiel de l’eau provenant de citernes.








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