Allez, j’avoue, les réseaux sociaux, ce n’est pas vraiment mon truc. Je n’ai jamais été tentée par Facebook, Twitter ne me gazouille rien du tout, quant à Snapchat, euh … je ne comprends pas (et n’ai même pas essayé). Oui, vous avez le droit de me traiter de dinosaure. Quoique, depuis quelques temps je me soigne… un peu. Parmi toute la débauche de nouveaux machins sociaux-connectés qui occupent notre espace, Instagram, dédié à l’image, était bien le seul à pouvoir me titiller. J’ai résisté longtemps, me disant que ce serait une activité chronophage de plus dans mon emploi du temps déjà bien rempli. Puis la curiosité étant plus forte, j’ai commencé ce printemps à parcourir différents comptes essentiellement de photographes aventuriers qui me font rêver, laissant de côté les innombrables selfies et autres photos de repas plus ou moins glauques. Intriguée par le fonctionnement de ce réseau et un peu par défi aussi, je me suis inscrite et ai timidement posté quelques photos. Quasiment aucune de mes connaissances n’en faisant partie, j’ai ramé pour gagner quelques « followers » et ai tressailli à chaque nouveau ♥ gagné sur mes photos. Petit à petit, je me suis prise au jeu, j’ai mieux compris le système des # et ai publié plus régulièrement. J’ai également découvert passablement de gens aussi talentueux qu’inspirants et me balade depuis lors avec plaisir dans cet univers quand j’ai un moment.
Le décor étant planté, venons-en aux faits. Il y a quinze jours, mon Romand et moi avions prévu de partir quelques jours à la découverte de la Suisse au gré de notre inspiration du moment. La veille de notre départ, ne sachant toujours pas où nous commencerions notre petit road trip, j’apprends sur Instagram qu’un « Instameet » est organisé le lendemain à Lauterbrunnen en présence de Chris Burkard, photographe californien totalisant plus d’un million de suiveurs. J’ignore en quoi consiste précisément un Instameet, mais je me dis que l’expérience peut être marrante et constituer une bonne entrée en matière pour nos vacances.
Nous voila donc partis pour l’Oberland bernois où nous retrouvons une bonne cinquantaine (voire plus, je ne suis pas douée pour les estimations) de passionnés. La plupart des participants sont très jeunes (oui je suis un dinosaure !) et parlent suisse-allemand ou anglais. Les quatre francophones de l’étape (pas si jeunes que ça eux) ont tôt fait de se repérer et de faire connaissance. Le temps est maussade, il pleut, mais rien n’entame la bonne humeur et l’énergie du groupe. L’organisateur nous explique le déroulement de l’après-midi. L’exercice consiste à prendre des photos durant une balade d’environ 1h30 dans les environs et à les poster directement sur Instagram avec un hashtag dédié. Deux itinéraires, l’un en plaine, l’autre en altitude, sont prévus. La star du jour ayant décidé de découvrir les montagnes, la majorité la suit dans la télécabine qui la conduit… dans une autre dimension.
Alors qu’en cette mi-octobre, la plaine baigne encore dans la douceur et les couleurs mordorées, quelques centaines de mètres plus haut, c’est le plein hiver. Il y a un brouillard à couper au couteau et la neige tombe à gros flocons. Nous ne tardons pas à être tout blancs. Le groupe se disloque. Les premiers avancent d’un bon pas et distancient rapidement les traînards dont je fais partie. L’exercice me déstabilise un peu, je peine à me mettre dans le bain, ne m’étant pas du tout imaginée être soudainement projetée dans un monde monochrome.
L’humidité et le froid me paralysent les doigts, je fais quelques essais photos peu convaincants en maugréant. Je finis heureusement par me détendre et par trouver du charme à ces premiers frimas en même temps que l’inspiration. En définitive, en photo, c’est comme dans n’importe quel sport, il faut s’échauffer pour être performant! Tout en marchant, j’essaie d’appliquer un rapide post-traitement à mes images bien pâlottes, histoire de leur donner un peu de tonus mais je constate avec effarement que la batterie de mon téléphone, déjà bien éprouvée par le froid, supporte mal l’exercice. Fichtre, il me faut la ménager si je veux pouvoir mettre en ligne mes photos!
Une fois tous ces paramètres maîtrisés, la balade est agréable en dépit du mauvais temps. On rit et plaisante de la situation avec nos acolytes. Certains n’hésitent pas à se coucher dans la neige sur les voies du chemin de fer pour obtenir le meilleur cadrage. D’autres envoient leur copines escalader un talus dans la forêt pour animer leur composition. Tout ça dans un joyeux mélange de langues. Mon Romand, qui a eu la bonne idée de porter une veste rouge, ne se soumet pas à autant de facéties mais accepte volontiers de faire le figurant anonyme.
J’arrive quasiment la dernière au bout de la promenade pour le retour en plaine en télécabine. Sur le moment, seules 4 photos m’ont semblé dignes d’être publiées (les dinosaures ne savent pas photographier et marcher vite simultanément!). L’après-midi se termine par un apéritif offert par un sponsor dans un hôtel du coin. La plupart des participants qui se sont déplacés avec leur ordi portable (pfff, ça ne me serait même pas venu à l’idée!) achèvent leurs retouches et transfèrent leurs dernières images. Sur un écran défilent en boucle celles qui sont déjà publiées. Tout le monde attend le verdict du maître car les meilleures photos sont récompensées. Chris Burkard, que je n’ai pas aperçu de toute la balade vu que je lambinais en queue de peloton, discute avec de grands gaillards en americain of course.
Je m’attendais à ce que le photographe californien remette lui-même les prix et commente même brièvement les photos retenues. Il n’en a rien été. Une femme a procédé à la distribution des lots sans même montrer les photos concernées. Dommage, j’aurais vraiment apprécié de savoir celles qui avaient plu et pourquoi. Au final, je n’ai pas gagné l’un des trois vols offerts par Swiss (oui quand même, zut j’aurais pu m’appliquer un peu plus!) mais j’ai tout de même eu la satisfaction de voir l’une ou l’autre de mes photos récompensée. Le bon offert par une station voisine me permettra de découvrir cette région dans des conditions plus clémentes l’été prochain.
Cette expérience s’est avérée dépaysante, amusante et très conviviale. Je suis heureuse de l’avoir tentée même si j’aurais souhaité que le photographe américain s’implique davantage. Mais je suppose que ce n’est pas vraiment le but de ce genre d’évènement et rien, sinon une certaine retenue de ma part, ne m’empêchait d’aller lui parler. Et avant de partir, je n’ai quand même pas résisté au plaisir de me faire tirer le portrait en compagnie de Chris, qui s’est avéré aussi charmant que souriant.
La preuve que les dinosaures ont aussi une âme de midinette 🙂
Et vous avez-vous déjà participé à un instameet?






Laisser un commentaire