Le week-end dernier, Djokovic, Serena et consorts n’étaient pas seuls à sortir leurs raquettes. Jeu, set et et marche! L’or blanc étant enfin tombé en abondance, j’en ai profité pour m’adonner à mon loisir préféré. Habillez-vous chaudement, c’est parti pour une balade dans les combes et sur les crêtes du Jura vaudois!
Il y a longtemps qu’on l’attendait. La neige est arrivée tardivement mais quelle féérie! Tout habillé de blanc cotonneux, le paysage à 1000 mètres d’altitude prend des airs de grand Nord et se transforme en une immense toile sur laquelle se découpe chaque détail. Le ciel est bouché, il neige sans discontinuer. Au niveau photo, il m’est impossible de jouer avec les ombres ou avec les reflets. Qu’à cela ne tienne, cette météo a l’avantage de transformer tout mon environnement en une immense boîte à lumière qui me permettra de jouer sur les ambiances zen et épurées.
Cliquer sur les photos pour les visualiser sur fond noir
J’avance lentement. Même avec des raquettes, il est difficile de faire sa trace dans 70 cm, voire plus de poudreuse. Dans les zones découvertes, des rafales de vent soufflent la neige qui me pique le visage, mais à l’abri dans la forêt et à la montée, j’étouffe rapidement sous mes multiples couches de vêtements. J’observe les alentours, je cligne un oeil afin de mieux percevoir les différents « masses » qui composent le paysage. J’essaie de voir ma photo avant de sortir mon appareil du sac pour éviter qu’il ne se mouille trop (une expérience malheureuse l’été dernier m’a rendue prudente). Pour une fois, je trimballe avec moi mon trépied, bien décidée à soigner mes cadrages. Pleine d’énergie, je déballe le machin, me gèle les doigts pour en déplier les pieds et au moment de le positionner, le voila qui s’enfonce dans la poudre. Misère de misère, je me débats pendant de longues minutes pour tenter d’utiliser ce truc que je finis pas replier et ranger dans sa housse en pestant. Je ferai sans, je déteste définitivement les contraintes qu’il m’impose et de toute manière il y a suffisamment de lumière pour m’en passer.
L’exercice ne s’avère pas simple pour autant. Je n’imaginais pas la photo dans la neige aussi sportive. Le moindre déplacement pour trouver un bon angle demande de sacrés efforts. Et avez-vous déjà essayé de vous dégager lorsque vous avez de la neige à mi-cuisse, des pieds « palmés » et que vous tenez votre reflex d’une main ???? Après m’être roulée dans tous les sens dans la neige, je réussis enfin à me relever en m’aidant d’un de mes bâtons de ski. Pff… je suis crevée!
Mais pas question d’en rester là. J’ai envie de photo claires mais j’ai envie aussi de saisir les ondulations du manteau neigeux, de conserver autant que possible un peu de détail dans les blancs. Je fais plusieurs essais pour surexposer mes images sans cramer les hautes lumières. Un coup d’oeil à l’histogramme est bien utile pour m’en assurer.
Et petit conseil, même en cas de météo pourrie, le pare-soleil s’avère bien utile pour protéger la lentille des flocons. Un petit coup de pinceaux (lenspen) de temps en temps suffit à éliminer ceux qui s’accumulent à sa base, sans salir la lentille (alors qu’un chiffon fait des traces épouvantables…). L’utilisation d’une profondeur de champ assez importante et du grand angle sur bon nombre de mes images ne permet pas de distinguer clairement la neige qui tombe mais je peux vous assurer que tel était bien le cas, avec plus ou moins d’intensité cependant selon les moments. Les photos que je vous présente ici ont été prises sur deux jours, ce qui explique les conditions de luminosité et les ambiances légèrement différentes.
Sans qu’il s’agisse véritablement de clichés minimalistes, (sauf le 3), j’ai cherché le plus possible à en simplifier la composition. A la différence de la peinture où l’on ajoute des éléments sur la toile pour la composer, la photo fonctionne par soustraction. En éliminant des éléments du cadre et en les organisant, l’image gagne en force et en lisibilité.
J’espère que la balade vous a plu et que vous n’êtes pas congélés. Dépêchez-vous de rentrer au chaud et de boire un bon thé, mais avant cela, n’oubliez pas d’oublier votre appareil dans son sac, histoire de le laisser s’habituer au changement de température et d’éviter la condensation fatale pour ses circuits électroniques….








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