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Pêché mignon

Christine Keller

Christine Keller

juin 25, 2010

9h00 du mat. Je suis à peine sortie du métro qu’elles viennent me chatouiller les narines. Elle s’insinuent en moi, mes papilles frétillent et s’émoustillent. Mon cerveau n’y résiste pas.

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Chaudes, onctueuses, flatteuses, les effluves échappées de l’une des innombrables pâtisseries qui jalonnent Lisbonne allument irrésistiblement ma gourmandise.
Pasteis de nata
Je n’en peux plus, je salive, je  veux que la pâte crisse sous ma dent, que la crème fonde sur ma langue, que ma bouche toute entière soit envahie par les arômes délicats de la cannelle, de la vanille ou de la fleur d’oranger.
Je veux du sucre, du vrai, pas du light. Je nage en plein délire régressif.
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Alors quitte à craquer, autant le faire bien, dans l’un de ces sanctuaires dédiés à sa majesté la pâtisserie à laquelle les Lisboètes vouent un véritable culte.
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S’installer dans un coin, commander uma bica (espresso assez serré) ou um cha (thé) en admirant l’opulence les lieux et en observant le bal ininterrompu des clients, tout aussi avides de douceur que moi.
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Et savourer ces merveilles en fermant les yeux et en se réjouissant déjà de l’autre petit gâteau que l’on ne manquera pas de s’offrir au prochain coin de rue…
Heureusement que l’on marche beaucoup à Lisbonne!

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