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Avant, seules les femmes étaient sages et les hommes grenouilles…
Avant, il n’y avait ni assassine, ni contremaîtresse, ni autrice…
Aujourd’hui, si ça brûle chez vous, je déconseille d’appeler les pompiers. Composez plutôt le numéro du service du feu. Et ne vous étonnez pas qu’une sapeuse, pompière s’il vous plaît, vous réponde!
Aujourd’hui, si l’envie vous prend d’en griller une , évitez de le faire dans une zone non fumeurs sans fumée!
Et ne cherchez plus de cours pour débutants, vous ne trouverez que des formations de base…

Parce que la langue est le miroir de l’évolution de la société, de ses moeurs et qu’elle se doit d’être le reflet des êtres humains qui la parlent, parce que le langage est un outil permettant l’accession à l’égalité entre les sexes, la Suisse a fait oeuvre de pionnière en publiant en 1990, avant la Belgique et la France, un dictionnaire féminin masculin des métiers titres et fonctions.
Acquéreuse, possesseuse, consulesse, précurseuse, prédécesseuse, chauffarde, compagnonne, employeuse, successeuse*…
De grâce, n’en jetez plus, je suis peut-être vieux-jeu mais que c’est moche! J’y perd mon français et mon correcteur d’orthographe voit rouge…
Mais ce n’est pas tout!
Depuis 2000, non seulement la Confédération a édicté son “Guide de formulation non sexiste des textes administratifs et législatifs ” mais de très nombreux cantons se sont fendus de leur propre opus en la matière. Ils prônent l’utilisation d’une terminologie épicène (qui s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes) en incitant les administrations à faire preuve de créativité dans la formulation politiquement correcte.
C’est ainsi que le dernier guide en date, celui de la ville de Berne, a jugé les “passages pour piétons” trop sexistes!!!
Désormais, si vous souhaitez traverser les rues de la capitale helvétique en toute sécurité, cherchez des passages … zébrés!
* Tous les termes cités sont tirés du Guide romand d’aide à la rédaction administrative et législative épicène de la Conférence latine des délégués à l’égalité.
Ce billet est inspiré d’un article paru dans le quotidien “La Liberté” du 10.06.2010.
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