L’été indien touchait à sa fin,
mais j’aurais tant aimé cueillir encore
le papillon quand dans l’herbe il dort,
butiner ses couleurs écarlates,
bécoter ses courbes délicates,
frôler ses ailes
et les immortaliser avant que ne commence le bal des immortelles.
Mais il y avait comme un lézard.
Déjà la nuit étirait son ombre, le jour se faisait flemmard.
Pour papillonner dans la douceur du soir,
hélas, il était trop tard.
Veuve noire de mes amours virevoltantes,
j’errai longtemps dans la lumière déclinante,
traquant à travers ma campagne le fantasme
qui conduirait mon réflexe à l’orgasme,
tissant du bout des capteurs les soies
dans lesquelles emprisonner ma proie.
J’ai cru chasser mais c’est toi qui m’a capturée.
Arachnide, ton baiser m’a envoûtée.
Enfer et damnation…




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