Arriver à Santorin en bateau a quelque chose d’émouvant. De loin on voit l’île s’avancer dans la mer comme une mariée au front ceint de son voile blanc. Et lorsque l’on pénètre dans la rade, vestige de l’ancien cratère submergé, se révèle aux voyageurs un paysage saisissant. Des falaises aux couleurs de cataclysme, noires et rouges, se dressent, sentinelles impassibles, à 350 mètres au-dessus des flots. A leur sommet se profilent, délicat liseré blanc, les maisons et les églises d’Oia, Firosteni et Fira blanchies à la chaux.
Née de la fusion entre la mer et le feu, Santorin est un lieu où histoire et légendes se confondent, où fantastique et naturel s’entremêlent. Il y a plus de 3500 ans, une phénoménale explosion disloqua l’île alors couronnée par un volcan dont le sommet culminait entre 1000 et 1800 m. d’altitude. Par une brèche ouverte sur ses flancs, la mer pénétra le cratère. L’éruption, qui aurait eu lieu vers 1500 av. J-C, serait à l’origine du mythe de l’Atlantide, le continent perdu chanté par Platon. A l’origine circulaire, Santorin n’est désormais plus qu’un large croissant enserrant une vaste baie (caldeira), si profonde que les bateaux ne peuvent aujourd’hui s’y ancrer.
Tout dans l’île, de ses plages de sable noir à l’est à ses côtes striées de couches de lave et de cendres plongeant à pic dans le bleu de la mer à l’ouest, rappelle son origine volcanique. Et n’allez pas croire que le volcan s’est éteint. Tout au plus s’est-il momentanément assoupi mais son histoire compte de nombreux séismes et éruptions. En 1956, Santorin fut touché par un tremblement de terre dévastateur qui fit une cinquantaine de victimes et détruisit plus de 2000 habitations. Actuellement, le volcan, encore très actif, est étroitement surveillé pour prévenir tout danger.
Au fond, fermant la baie par l’ouest, Thirasia. Au 1er plan, Néa Kaméni et Paléa Kameni, les deux îlots de lave
Au centre de la rade, dans l’ombre de l’île de Thirasia, les îlots noirs et ocres des Kaméni sont régulièrement agités de soubressauts. Du reste, Néa Kaméni a émergé en 1707 lors d’une éruption volcanique.
Nous sommes partis de Tinos pour arriver à Santorin en High speed Ferry. Le gain de temps est appréciable puisque la durée de la traversée est de 3h. environ au lieu de 5 à 6 h. en ferry ordinaire. Mais revers de la médaille, il m’a été impossible de me rendre sur le pont, tous les accès extérieurs étant bloqués sur ce type de bateau. Pour cette raison, je n’ai pu photographier, à travers les vitres rendues opaques par le sel et les embruns, ces fameuses falaises mais je vous assure que la première fois que l’on découvre cette île, on est subjugué.
Le décors étant planté, je vous emmènerai d’ici quelques jours en balade dans les ruelles typiques des agglomérations de l’île.
Le ballet incessant des navires de croisière et des ferries au coeur de la Caldeira
D’ici là, je vous souhaite un très bon début de semaine.
A bientôt.







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