On les a choisies belles évidemment, fraîches comme des jouvencelles et pleines de vigueur à l’instar de ces sentiments qui nous ont poussés à les effeuiller tout l’été.
Un peu, beaucoup, passionnément…
Les beaux jours s’en sont allés.
Celles qui ont échappé à l’amour transi n’ont pas résisté pas au temps qui fâne et délave.
Les pauvrettes plient l’échine sous les larmes du ciel, rabattent frileusement leur pétales sous le souffle du vent du nord et finissent inévitablement le coeur à nu.
Faut-il pour autant les dédaigner?
La beauté ne réside-t-elle que dans la fraîcheur et l’éclat intact de la jeunesse ?
N’allez surtout pas croire que je baigne en plein spleen mais en les observant de tout près, j’ai été touchée par la grâce fragile de ces marguerites. Leurs pétales qui se recroquevillent se sont mis à me parler à tel point que j’ai prêté à ces végétaux en fin de vie des attitudes humaines: l’une me fait un adieu du bout de ses doigts tordus, l’autre cherche pudiquement à cacher les restes de sa splendeur évanouie… A mes yeux, en perdant la rigidité de leur éclat, ces petites fleurs ont gagné en expressivité.
Et vous, ces photos vous dépriment-elles ou trouvez-vous aussi un certain charme à ces fleurs fanées?


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